Février 2018 -  Gilles GOULAY

MAINTENANCE DES LOGICIELS D'OCCASION


Quelle est la réelle valeur ajoutée de la maintenance

Qu’en est-il donc du maintien en condition opérationnelle des logiciels acquis sur le marché secondaire ? Quelles solutions de maintenance existe-t-il ?

Avant d’évoquer un dispositif de maintenance adapté, il convient de s’interroger sur les besoins de services ainsi que les solutions alternatives proposées.La maintenance telle qu’elle est définie par les éditeurs, couvre généralement deux types de prestations :

La maintenance corrective ou support : correction des bugs, fournitures de patch, …

La maintenance évolutive : droit de déployer les nouvelles releases et/ou versions des logiciels.

En regard des coûts, de l’ancienneté de la version et du cycle de vie des applications qui exploitent ces licences, le recours systématique à la maintenance évolutive, voire au support est discutable, surtout pour les entreprises disposant d’équipes techniques dont les compétences sont équivalentes au support éditeur de niveau 1 et 2.

Par ailleurs, l’acquisition de licences logicielles sur le marché secondaire intervient principalement pour compléter une infrastructure existante. Si l’équipement pré-existant est couvert par un programme de maintenance, il convient d’examiner les termes du contrat afférent. En effet, il se peut que le fournisseur impose des règles qui régissent le programme de maintenance pour l’ensemble des licences qui proviennent du même éditeur.


Logiciels utilisables sans maintenance

Pour certaines solutions très standardisées, et pour lesquelles, l’expertise technique acquise par l’entreprise est suffisante, l’exploitation des logiciels sans maintenance peut être considérée.

Dans cette catégorie de produits, les offres des éditeurs comme Adobe, Autodesk et Microsoft se positionnent clairement dans cette éventualité.

A l’image de Microsoft, des éditeurs mettent gratuitement et automatiquement à disposition de leurs clients détenteurs de licences, les patchs et les mises-à-jour nécessaires au bon fonctionnement des applications.

Réactivation de la maintenance auprès des éditeurs

Pour les logiciels les plus complexes, ou ceux s’inscrivant dans une perspective de déploiement et d’utilisation à plus long terme, le recours à une maintenance applicative et évolutive est indispensable.

La solution la plus simple dans ces cas est la réactivation de celle-ci auprès de l’éditeur. Cette solution permet, entre autres, de bénéficier des montées de version, de profiter d’éventuelles garanties des éditeurs, et institue une relation commerciale pour la poursuite de la relation.

L’éditeur n’a pas le droit de refuser une telle réactivation : le refus de vente en cas de position dominante consiste en une infraction répréhensible par le droit de la concurrence.


Tierce maintenance applicative

De nouveaux acteurs sont apparus, se positionnant en tant que tiers mainteneurs pouvant se substituer aux éditeurs. Leurs offres de services se différencient de celles des éditeurs, puisqu’ils n’ont pas la capacité d’offrir les évolutions de versions. Cependant ils mettent l’accent sur la qualité et la réactivité des services de support technique. En pratiquant des tarifs très inférieurs de maintenance à ceux des éditeurs, ils offrent des services qui peuvent s’avérer en meilleure adéquation avec les attentes des entreprises utilisatrices.

Ces prestataires de services sont généralement spécialisés par éditeur et leurs périmètres de services pour une même famille de produits peuvent être différents. Par conséquent, il convient de les consulter en amont d’une acquisition d’une licence sur le marché secondaire, cela permettra d’orienter le choix vers la formule de support la mieux adaptée, si elle est impérative, et d’anticiper le TCO (coût total d’appropriation).



A propos de l'auteur



Gilles GOULAY

Est le COO de Softcorner. Gilles a obtenu un Master en Informatique à l'Université Pierre et Marie Curie - Paris 6. Il a débuté sa carrière dans le département R & D de Philips Data Systems. Il a ensuite travaillé successivement pour trois grands éditeurs de logiciels: Datapoint, Filenet et EMC², où il est passé progressivement de conseiller avant-vente à des postes de gestion des ventes internationales.

Cette carrière lui a permis d'acquérir une vaste expérience de la gestion des ventes, notamment des ventes directes auprès de grands comptes et de la gestion de chaînes internationales, ainsi qu'une bonne connaissance des pratiques des fournisseurs de logiciels. En 2013, observant la maturité du marché des logiciels, il a décidé de tirer parti de ses antécédents et a rejoint Softcorner en tant qu'associé.